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Et si protéger votre temps était l'une des meilleures façons de réduire votre stress ?

  • Photo du rédacteur: Mathilde Barailler
    Mathilde Barailler
  • 9 juin
  • 6 min de lecture

Lorsque l’on parle de gestion du stress, on pense souvent aux techniques de respiration, à la méditation, à l’activité physique ou encore à l’alimentation.

Pourtant, il existe un élément beaucoup plus discret qui influence directement notre niveau de stress au quotidien : notre rapport au temps. Car derrière de nombreuses situations de stress se cache souvent la même impression : celle de manquer de temps.


Avoir l’impression de courir après les heures, de ne jamais réussir à terminer sa liste de tâches, d’enchaîner les journées sans vraiment avoir le temps de souffler et de passer son temps à gérer les urgences des autres tout en repoussant ce qui est important pour soi.

Cette sensation est particulièrement fréquente chez les personnes qui ont tendance à beaucoup anticiper, à vouloir bien faire, à prendre soin des autres ou à porter une charge mentale importante.

Vous savez, celles qui répondent à un message reçu à 23h30, pensent déjà au repas de jeudi alors que nous sommes lundi matin et ont mentalement préparé trois scénarios différents pour une réunion qui n’aura lieu que dans dix jours. À force de penser à tout et pour tout le monde, elles finissent souvent par oublier de protéger leur propre temps.


Pourtant, notre temps est l’une de nos ressources les plus précieuses. Contrairement à l’argent, il est impossible d’en gagner davantage. Nous disposons tous du même nombre d’heures dans une journée, la différence se situe souvent dans la façon dont nous les utilisons et surtout dans notre capacité à les protéger.


Commencer par observer où part réellement votre temps


Avant de chercher à mieux gérer son temps, il est intéressant de commencer par observer où il passe réellement.

Nous avons souvent une perception assez approximative de nos journées. Certaines tâches nous semblent prendre dix minutes alors qu’elles nous occupent en réalité une heure. Certaines sollicitations paraissent anodines mais se répètent tellement qu’elles finissent par occuper une place considérable dans notre emploi du temps.


Par exemple, nous sommes persuadés d’avoir passé “juste cinq minutes” sur les réseaux sociaux avant de réaliser qu’il fait désormais nuit et que nous connaissons l’avis de trois inconnus sur un sujet qui ne nous concernait absolument pas.



Un exercice simple consiste à tenir pendant quelques jours, voire une semaine complète, une sorte de journal du temps.

L’objectif n’est pas de devenir obsédé par chaque minute, mais simplement de prendre conscience de la façon dont se déroule réellement une journée. Vous pouvez noter les grandes activités de votre journée ainsi que le temps approximatif consacré à chacune d’elles. À la fin de la journée, posez-vous quelques questions :

  • Qu’est-ce qui m’a pris le plus de temps aujourd’hui ?

  • Quelles tâches m’ont demandé le plus d’énergie mentale ?

  • Quelles activités étaient réellement importantes ?

  • Quelles sollicitations auraient pu être limitées ou reportées ?

  • Quelles personnes ont occupé une part importante de mon temps et de mon attention ?


Cet exercice est souvent riche d’enseignements. Beaucoup de personnes découvrent que ce ne sont pas forcément les grandes responsabilités qui les épuisent le plus, mais plutôt l’accumulation de petites interruptions, de demandes imprévues, de conversations interminables ou de tâches auxquelles elles ont accepté de répondre par automatisme.


Certaines personnes consomment aussi votre temps


Il existe parfois une autre source de surcharge dont on parle peu : les personnes qui occupent une grande partie de notre temps et de notre énergie.

À force d’être celle qui écoute, qui aide, qui conseille, qui répond toujours présente ou qui trouve systématiquement une solution, nous pouvons finir par devenir une sorte de bureau émotionnel ouvert sept jours sur sept. Avec parfois un délai de réponse bien plus rapide que celui que nous accordons à nos propres besoins.

Bien sûr, il ne s’agit pas de devenir égoïste ou de cesser d’aider les autres, mais il peut être utile de se rappeler que votre temps a de la valeur.

Chaque minute consacrée aux priorités de quelqu’un d’autre est une minute qui n’est plus disponible pour les vôtres.



Apprendre à dire non



Voilà probablement l’un des exercices les plus difficiles pour les personnes stressées parce qu’elles ont souvent envie de bien faire, de rendre service et de répondre présentes pour ne décevoir personne.

Alors elles acceptent jusqu’à ce que leur agenda déborde.

Beaucoup de personnes stressées ont développé un véritable talent : accepter quelque chose alors que tout leur corps était déjà en train de hurler non. Comme si la petite phrase : “Oui bien sûr, aucun problème” était devenue une réponse automatique chez vous.


Sur le moment, dire oui semble plus simple et vous donne l'impression d'éviter un conflit.

Mais chaque oui prononcé sans réelle envie finit souvent par se transformer en charge mentale supplémentaire. N'oubliez pas que dire non n’est pas un manque de gentillesse.

C’est parfois un acte de préservation donc n'hésitez pas à vous poser souvent la question : à quoi avez-vous envie de dire oui aujourd’hui ?


Nous sommes devenus disponibles en permanence



Préserver son temps, ce n’est pas seulement apprendre à dire non aux autres, c'est aussi accepter de ne pas être joignable en permanence.

Pendant longtemps, lorsque l’on quittait son lieu de travail, la journée était terminée. Les collègues ne pouvaient pas nous écrire à toute heure, les notifications n’arrivaient pas dans notre poche et il existait naturellement des moments où nous étions simplement indisponibles. Aujourd’hui, les frontières sont devenues beaucoup plus floues et lorsque nous sommes au travail, nous recevons parfois des messages personnels auxquels nous répondons immédiatement.

Et inversement, lorsque nous sommes à la maison, les mails professionnels continuent d’arriver.

Lorsque nous sommes en vacances, nous gardons souvent un œil sur nos notifications et même lorsque nous décidons enfin de nous asseoir cinq minutes, il suffit d’une vibration pour que notre attention soit à nouveau captée.


Petit à petit, nous avons intégré l’idée que nous devions être accessibles en permanence comme si chaque message nécessitait une réponse immédiate.


Pourtant, être joignable ne signifie pas être obligé de répondre immédiatement, il ne faut pas oublier que toutes les demandes ne sont pas urgentes.


Je vous conseille lorsque vous réalisez une tâche importante, d'essayez parfois de mettre votre téléphone en mode silencieux ou en mode “Ne pas déranger”. Autorisez-vous à consulter vos messages à certains moments plutôt qu’en continu.


Les personnes stressées ont souvent l’impression qu’elles doivent rester vigilantes en permanence.

Mais cette hyperdisponibilité a un coût et elle fragmente l’attention, entretient la sensation d’urgence et empêche véritablement le cerveau de récupérer.



Arrêtez de remplir chaque minute


Nous vivons dans une société qui valorise énormément la productivité où il faut toujours être efficace, avancer et accomplir un certain nombre de tâches en un temps donné.

À tel point que certaines personnes transforment même leur repos en projet !

Elles téléchargent une application pour apprendre à se détendre, regardent une vidéo expliquant comment optimiser leur récupération et finissent par se stresser à l’idée de mal se reposer (oui c'est du vécu ;)).


Pourtant, notre cerveau n’est pas conçu pour fonctionner en permanence. Il a besoin de moments où il n’a rien à produire et prendre dix minutes pour s’asseoir sur son canapé sans téléphone, regarder par la fenêtre, boire un café tranquillement ou marcher sans objectif particulier n’est pas du temps perdu. Ces moments ne nous font pas perdre du temps, ils nous permettent souvent d’en retrouver en améliorant notre concentration, notre patience et notre capacité à prendre du recul.


Nous avons souvent tendance à considérer le repos comme quelque chose que nous devons mériter.

“Je me reposerai quand tout sera terminé.” Le problème, c’est que tout n’est jamais terminé car il y aura toujours un mail à envoyer, une lessive à lancer, un rendez-vous à préparer ou une tâche à cocher.




Avant de chercher une nouvelle méthode d’organisation ou un agenda encore plus performant, posez-vous une question toute simple : qu’est-ce qui occupe actuellement votre temps sans réellement mériter autant de place dans votre vie ?

Parce que parfois, réduire son stress ne commence pas par ajouter quelque chose à son quotidien mais simplement par enlever ce qui n’aurait jamais dû s’y installer.


Protéger son temps, c’est reconnaître que votre temps est une ressource précieuse et que plus vous le laissez être grignoté par les urgences, les sollicitations et les obligations, moins il vous en reste pour ce qui compte vraiment.

Parfois, reprendre possession de son agenda, c’est déjà commencer à reprendre possession de son calme !

 
 
 

4 commentaires


roussoncatherine
il y a 2 jours

J’ai beaucoup apprécier cet article car je retrouve des choses vécues et que je vis tout au long de mes journées. Je vais essayer de noter mes différentes activités comme conseillé et surtout apprendre à mettre mon téléphone en silencieux de temps en temps. Merci beaucoup Mathilde.

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Mathilde Barailler
Mathilde Barailler
il y a 5 heures
En réponse à

Merci pour ce retour et oui parvenir à couper un peu le téléphone peut être très bénéfique lorsqu’on porte beaucoup au quotidien 😉

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frateyss
09 juin

Article très intéressant. Je m y retrouve pleinement. L' idée d écrire le déroulé d' une journée pour prendre conscience du temps passé aux différentes activités de la journée me semble une très bonne idée. Idée facile à mettre en pratique.


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Mathilde Barailler
Mathilde Barailler
10 juin
En réponse à

Merci beaucoup pour votre commentaire et oui cet exercice est très efficace et souvent très révélateur. En notant le déroulement de sa journée, on prend conscience du temps réellement consacré à certaines activités, parfois bien différent de ce que l'on imaginait. Cette prise de recul constitue une première étape essentielle pour mieux gérer son temps et réduire certaines sources de stress. N'hésitez pas à me faire un retour si vous réalisez cet exercice, je serai ravie de connaître vos impressions et les éventuelles prises de conscience qu'il vous aura apportées ☺️

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