Une rentrée moins stressante : reprendre le rythme sans reprendre le contrôle sur absolument tout


Ah, la rentrée, ce merveilleux moment où l’on passe assez rapidement du « on verra demain » à « il faut vraiment que je m’organise ».
Les horaires reprennent, les agendas se remplissent, les mails que l’on avait réussi à oublier reviennent à vitesse grand V et notre cerveau retrouve avec une étonnante facilité sa capacité à penser simultanément au rendez-vous chez le dentiste, au dossier à rendre jeudi et au fait que le frigo est bientôt vide.
Si vous avez tendance à anticiper, à vouloir que les choses soient bien faites et à vous sentir rassurée lorsque tout est sous contrôle, alors cette période peut rapidement devenir fatigante. Car le problème n’est pas seulement ce que nous avons réellement à faire : c’est aussi tout ce que nous essayons de prévoir, d’optimiser et de maintenir mentalement sous contrôle.
Et si l’objectif de cette rentrée n’était justement pas de devenir encore plus organisée, mais de retrouver son rythme sans retrouver immédiatement son niveau de stress d’avant les vacances ?
Commencez par sortir les choses de votre tête
Lorsque nous avons peur d’oublier quelque chose, notre cerveau garde les tâches en suspens : prendre ce rendez-vous, répondre à ce mail, appeler telle personne, penser au dossier de jeudi. Même lorsque nous ne faisons rien, une partie de notre attention reste mobilisée par toutes ces petites informations.
Prenez donc l’habitude de décharger régulièrement ce qui tourne dans votre tête sur un support extérieur : carnet, agenda, application ou simple note sur votre téléphone. Le support importe finalement assez peu. Et n'en profitez pas pour mettre au point un système d’organisation ultra sophistiqué nécessitant une formulation sous Excel ou un code couleur complexe, le but est bien de justement diminuer la charge mentale.
Une fois les choses écrites, faites ensuite la différence entre ce qui doit réellement être fait aujourd’hui, ce qui peut attendre quelques jours et ce qui, finalement, n’a peut-être pas besoin d’être fait du tout. Tout ce qui apparaît dans votre tête ne mérite pas automatiquement une place dans votre agenda.
Faites aujourd’hui quelques petites choses qui vous faciliteront la vie demain
Alléger son quotidien ne demande pas nécessairement une organisation militaire. Quelques minutes consacrées à préparer le lendemain peuvent parfois faire une vraie différence, notamment le matin lorsque le temps est compté, que la nuit a peut-être été un peu trop courte et que notre cerveau n’a pas encore reçu sa dose de caféine.
Vous pouvez, par exemple, prendre 10 à 15 minutes avant de vous coucher pour remettre rapidement la cuisine en ordre, dégager le plan de travail, préparer votre sac ou choisir vos vêtements du lendemain. Rien de spectaculaire, simplement quelques gestes qui éviteront que votre journée commence immédiatement par une succession de petites tâches.
Il y a quelque chose d’assez agréable à entrer le matin dans une cuisine à peu près rangée et à pouvoir préparer sa boisson chaude sans être accueilli par la poêle de la veille et trois verres sales. Par contre, si vous commencez à 21 h 30 par débarrasser le plan de travail et que vous vous retrouvez à 23 h à réorganiser votre étagère à épices, c'est que le concept vous un peu dépassé ^^
Faites moins, mais choisissez mieux ce que vous faites
Le perfectionnisme nous pousse facilement à considérer qu’une journée réussie est une journée pendant laquelle beaucoup de choses ont été accomplies. Nous préparons donc des listes interminables, puis nous arrivons le soir avec la sensation d’avoir été inefficace parce que nous n’avons réalisé que six des quinze tâches prévues. Une "to do list" jamais cochée et longue comme le bras peut entrainer du stress et de la frustration alors ne vous en demandez pas trop et restez réaliste sur ce que vous pouvez réellement réaliser sur une journée ou sur une semaine.
Essayez plutôt de choisir deux ou trois véritables priorités par jour, en vous demandant ce qui aura réellement de l’importance une fois la journée terminée. Tout ce qui sera réalisé en plus sera du bonus, et non une nouvelle condition nécessaire pour avoir le droit de considérer votre journée comme productive.
Cela implique également d’apprendre à faire certaines choses simplement « suffisamment bien ». Ranger une pièce ne vous oblige pas à la réorganiser entièrement, préparer un repas équilibré ne signifie pas cuisiner trois recettes maison complexes dépourvues de plaisir et envoyer un mail professionnel ne nécessite probablement pas une demi-heure de relectures. D'ailleurs, si la notion de « suffisamment bien » provoque chez vous une légère crispation, c’est peut-être justement qu’elle mérite d’être travaillée.
Gardez volontairement un peu de vide dans votre emploi du temps
Lorsque le rythme reprend, notre agenda se remplit souvent très rapidement. Travail, rendez-vous, activités, obligations familiales, invitations et lorsqu’un créneau reste miraculeusement vide, nous avons parfois cette étrange impulsion de chercher immédiatement quelque chose à mettre dedans.
Essayez de préserver volontairement quelques moments sans objectif : une soirée sans programme, une heure pendant laquelle rien n’est prévu ou un dimanche qui ne sert pas exclusivement à « prendre de l’avance sur la semaine ». C'est OK de ne rien faire et de buller sur son canapé !
Ces espaces permettent de récupérer, mais aussi de retrouver une certaine souplesse, surtout lorsqu’une semaine est remplie à 100 %, le moindre imprévu devient un problème.
Et, rappel probablement nécessaire pour certaines personnes : le repos n’a pas besoin d’être mérité après avoir terminé l’intégralité de votre liste. Sinon, vous risquez d’attendre un certain temps voire de ne jamais vous poser.
Facilitez-vous la vie au lieu d’essayer constamment de mieux la gérer
Lorsque nous nous sentons débordés, notre premier réflexe est souvent de chercher comment devenir plus efficaces. Pourtant, il serait parfois plus intéressant de se demander comment avoir tout simplement moins de choses à gérer.
Cela peut signifier préparer deux repas en quantité suffisante pour éviter de cuisiner tous les soirs, faire ponctuellement ses courses en drive ou refuser une invitation lorsque la semaine est déjà chargée.
Avant d’ajouter une nouvelle contrainte à votre emploi du temps, prenez donc l’habitude de vous demander ce que vous pourriez supprimer, déléguer, reporter ou simplifier. Nous avons parfois une conception assez optimiste de l’organisation : conserver exactement la même vie, y ajouter de nouvelles activités et espérer nous sentir moins débordés. Eh bien non c'est malheureusement plus complexe que cela !
Et si vous profitiez aussi de la rentrée pour mieux vivre votre travail ?

Puisque nous passons une part importante de nos journées au travail, notre niveau de stress ne dépend évidemment pas uniquement du nombre de dossiers à traiter. Les relations avec les collègues, les tensions, les non-dits, notre besoin d’être apprécié ou notre tendance à prendre certaines réactions personnellement peuvent consommer énormément d’énergie.
La première piste consiste à ne pas participer à tous les conflits auxquels vous êtes invitée. Un collègue fait une remarque qui vous agace, quelqu’un répond sèchement à votre message ou une personne semble absolument déterminée à avoir le dernier mot pendant une réunion.
Avant d’entrer dans ce type conflit et de chercher à répondre absolument aux petites attaques (plus ou moins agressives de vos collègues), demandez-vous simplement si la situation mérite réellement autant de votre énergie. Tous les désaccords ne nécessitent pas d’être résolus et toutes les remarques ne méritent pas une réponse. Parfois, rester factuelle, poser calmement une limite ou décider de ne pas alimenter l’échange constitue une réponse parfaitement suffisante.
Cela ne signifie évidemment pas qu’il faut tout accepter ou éviter systématiquement les confrontations mais il reste important de se préserver.
Éviter les conflits inutiles n’est pas la même chose que ne jamais exprimer un désaccord. L’objectif est plutôt d’apprendre à choisir les discussions qui comptent réellement et à communiquer plus clairement lorsque quelque chose doit être dit.
Communiquez davantage et interprétez un peu moins
Les relations professionnelles offrent également un formidable terrain de jeu à notre tendance à interpréter.
« Elle m’a répondu bizarrement. » / « Il n’a pas réagi à ce que j’ai dit pendant la réunion. » / « Elle a simplement écrit “OK” dans la conversation sur Teams donc elle est forcément contrariée. »
Lorsque quelque chose vous préoccupe, essayez autant que possible de revenir aux faits. Qu’est-ce que vous savez réellement ? Qu’est-ce que vous êtes en train de supposer ? Et, si le sujet est important, pouvez-vous simplement en parler avec la personne concernée ?
Nous oublions facilement que les autres arrivent eux aussi au travail avec leur fatigue, leurs préoccupations, leur stress et leur propre fonctionnement. Votre collègue vous a peut-être répondu sèchement parce qu’elle est contrariée contre vous. Elle avait peut-être aussi trois dossiers urgents, une mauvaise nuit derrière elle et n'avais pas encore eu le temps de manger de la journée. Les deux hypothèses méritent au moins d’être envisagées.
Tout ce qui se passe au travail ne parle pas de vous
Cette distinction est particulièrement importante lorsque l’on est perfectionniste ou que l’on accorde beaucoup d’importance au regard des autres. Une remarque devient rapidement une remise en question, un désaccord ressemble à une critique personnelle et le mécontentement de quelqu’un peut déclencher un besoin immédiat de se justifier ou de réparer la situation.
Pourtant, le besoin de contrôle des autres, leur envie d’être reconnus, leur humeur, leur stress ou leur façon parfois maladroite de communiquer ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez écouter une remarque et vous demander honnêtement s’il y a quelque chose d’utile à en tirer sans transformer automatiquement cette remarque en verdict sur votre valeur ou vos compétences.
Tout ne mérite pas une réaction, et surtout, tout ne mérite pas de rentrer avec vous à la maison le soir.

Faites aussi des projets parce qu’ils comptent pour vous
Le besoin de reconnaissance et la peur de décevoir peuvent également nous amener à construire progressivement notre quotidien autour des attentes des autres. Nous acceptons un projet parce que cela fera plaisir, nous nous rendons disponibles parce que nous ne voulons pas passer pour quelqu’un de peu impliqué, nous prenons une tâche supplémentaire parce que nous savons que nous la ferons correctement et nous disons oui alors que notre première envie était très clairement de dire non. Vous savez ce fameux "syndrome de la bonne élève".
À force de vouloir être fiable, arrangeante, compétente et appréciée, on peut finir par être très efficace pour construire une vie qui convient parfaitement à tout le monde sauf à soi-même.
Cela vaut au travail, mais aussi dans notre vie personnelle. Lorsque vous envisagez un nouveau projet, une activité ou un engagement cette année, essayez de vous poser cette question : « Est-ce que j’ai réellement envie de faire cela ou est-ce que j’ai surtout envie que quelqu’un soit content de moi ? »
Avoir des projets pour soi, simplement parce qu’ils nous intéressent, nous amusent ou nous donnent envie, n’est pas égoïste. Et ils n’ont même pas besoin d’être productifs, rentables ou particulièrement impressionnants.
Alors cette rentrée, plutôt que de vous demander « Comment vais-je réussir à tout gérer ? », essayez peut-être de vous poser d’autres questions : qu’est-ce que je peux simplifier ? Qu’est-ce qui peut attendre ? Qu’est-ce que je fais uniquement pour satisfaire les attentes des autres ? Et quelles situations ne méritent franchement pas autant de mon énergie ?
Ce soir, vous pouvez toujours commencer par ces fameuses quinze minutes pour ranger un peu la cuisine. Demain matin, votre café au milieu d’un plan de travail dégagé aura probablement une saveur légèrement différente. Bon courage et une belle rentrée à tous !




Merci beaucoup pour cette note optimiste 🤩