Vous êtes fatiguée ou stressée depuis trop longtemps ?
- Mathilde Barailler

- 24 juin
- 6 min de lecture

« Je suis épuisée ».
C’est probablement l’une des phrases que j’entends le plus souvent.
Et pourtant, derrière cette fatigue se cachent parfois des réalités très différentes. Parfois, il s’agit simplement d’un manque de sommeil passager, d’une période plus chargée ou d’un besoin de récupération. Mais parfois, le problème est plus profond car vous dormez, vous essayez de vous reposer et vous prenez même parfois quelques jours de congé mais, quelque chose ne revient pas. C'est comme si votre batterie refusait obstinément de se recharger.
Et si ce n’était plus seulement de la fatigue ? Et si votre système nerveux était simplement en surcharge depuis trop longtemps ?
Un petit test pour commencer

Si vous avez coché principalement les affirmations 2 à 10, il est possible que vous ne soyez pas seulement fatigué, mais stressé depuis trop longtemps. On parle alors parfois de fatigue dite nerveuse.
Quand le sommeil ne suffit plus
Après une semaine particulièrement intense, il est normal de se sentir fatiguée.
Notre corps est conçu pour récupérer: une bonne nuit de sommeil, un week-end plus calme ou quelques jours de vacances suffisent généralement à retrouver de l’énergie.
Mais lorsque le stress s’installe durablement, le mécanisme devient différent et le corps ne récupère plus vraiment.
Vous pouvez dormir huit heures et vous réveiller déjà fatiguée, ou partir en week-end et continuer à penser au travail. Parce que le problème n’est plus seulement le manque de sommeil, c’est que votre organisme fonctionne en mode “alerte” depuis tellement longtemps qu’il ne sait plus vraiment comment revenir au calme. C’est pourquoi vous pouvez souvent vous sentir fatiguée tout en étant dans l’incapacité de vous arrêtez de faire plusieurs choses en même temps. Vous êtes comme en hyper-vigilance permanente !
Les signes que le stress a dépassé le stade de la simple fatigue
Le stress chronique ne ressemble pas toujours à ce que l’on imagine. Il ne se manifeste pas forcément par des crises d’angoisse ou une sensation permanente de panique, il est souvent bien plus discret.
Vous vous reconnaissez peut-être dans certaines de ces situations :
● Vous pensez à tout, tout le temps
● Vous anticipez constamment les problèmes
● Vous avez du mal à vous détendre même lorsque vous en avez l’occasion
● Vous vous sentez irritable pour des détails qui ne vous dérangeaient pas avant
● Vous oubliez des choses
● Vous avez l’impression d’avoir le cerveau saturé
● Vous êtes fatiguée mais incapable de ralentir
● Vous culpabilisez lorsque vous ne faites rien
● Vous avez le sentiment d’être toujours “sur le qui-vive”
Petit à petit, le stress devient votre état de fonctionnement habituel et c’est justement ce qui le rend difficile à repérer.
Quand l’anxiété s’invite dans le quotidien
L’anxiété non plus n’est pas toujours spectaculaire et ne ressemble pas forcément à une crise de panique. Chez beaucoup de personnes, elle prend plutôt la forme d’un bruit de fond permanent. Vous savez cette petite voix qui vérifie, anticipe, prévoit, imagine beaucoup de scénarios et repasse des conversations en boucle. Elle essaie aussi de tout contrôler pour éviter que quelque chose se passe mal.
Au début, cela peut même donner l’impression d’être particulièrement organisée. Mais cet état mentale demande énormément d’énergie car le cerveau est dans une forme d’adaptation permanente. Et comme n’importe quel organe qui fonctionne sans pause, il finit par s’épuiser.

Quand le corps commence à parler à la place du mental
L’un des pièges du stress chronique, c’est que nous avons souvent tendance à le chercher uniquement dans nos pensées.
Pourtant, bien avant que l’on se dise “je suis stressée”, le corps, lui, a souvent déjà commencé à envoyer des signaux. C’est ce qu’on appelle parfois la somatisation : lorsque des tensions psychologiques, émotionnelles ou un état de stress prolongé finissent par s’exprimer physiquement.
Non, cela ne signifie pas que “tout est dans votre tête”, bien au contraire.
Le stress est un phénomène biologique réel qui mobilise l’ensemble de l’organisme, et lorsque cette mobilisation dure trop longtemps, le corps finit par réclamer son dû.
Parmi les signaux les plus fréquents, on retrouve :
● des tensions dans la nuque, les épaules ou la mâchoire
● des maux de tête réguliers
● une sensation d’oppression dans la poitrine
● des troubles digestifs (ballonnements, douleurs abdominales, transit perturbé)
● des difficultés d’endormissement ou des réveils nocturnes
● une fatigue persistante malgré le repos
● des palpitations ou la sensation que le cœur s’emballe facilement
● des douleurs musculaires diffuses
● une impression d’être constamment tendue ou “contractée”
● une hypersensibilité aux bruits, aux sollicitations ou aux imprévus
Certaines personnes développent même ce que j’appelle souvent le “syndrome du corps qui en a ras-le-bol”.
Donc si votre ostéopathe a de plus en plus de travail à chaque fois qu’il vous voit, que 15 jours de vacances ne changent pas grand chose à votre niveau d'énergie et que votre cerveau continue de préparer la réunion de mardi alors que nous sommes seulement dimanche soir, il est peut-être temps d’explorer la piste du stress chronique.
Bref, si vous continuez à vous sentir épuisée malgré le repos, si votre cerveau tourne en permanence et si vous avez l’impression de vivre constamment sous tension, il est peut-être temps de regarder un peu plus loin que votre simple fatigue. Parce que parfois, le problème n’est pas que vous manquez d’énergie, c’est que vous la dépensez toute à maintenir le niveau de vigilance de superwoman.
Et ça, aucun week-end ne peut réellement le réparer !
Petits conseils pour favoriser le repos de votre système nerveux
1. Arrêtez de faire semblant d’aller bien
Quand on est stressé depuis longtemps, on devient souvent très performant pour cacher qu’on est fatigué. On continue à faire, à sourire et à dire : « ça va, ça va ».
Alors qu’en réalité, on est à deux doigts de pleurer parce qu’il n’y a plus de café à disposition.
Essayez de vous entraîner à dire plus souvent à votre entourage :
"Je suis fatiguée aujourd’hui"
"Je vais avoir besoin d’aide"
"Ce soir, chacun se débrouille, moi je me repose"
On ne récupère pas seulement en dormant mais aussi quand on arrête de faire croire à tout le monde que tout va bien.
2. Faites des « pauses sans performance »
Essayez de profiter des moments où il n’y a rien à faire de particulier ou du moins lorsqu'il n'y a rien à "réussir", comme regarder la pluie, arroser les plantes, écouter de la musique, regarder les gens passer à une terrasse de café, etc...
Votre système nerveux adore les moments où il n’a rien à prouver.
3. Arrêtez de vouloir récupérer uniquement la nuit
Bien dormit la nuit est essentiel pour votre santé, mais penser également à la récupération en journée.
Quelques minutes suffisent parfois :
s’allonger sans dormir
regarder au loin par la fenêtre
relâcher les épaules et les mâchoires
rester cinq minutes sans rien faire
s’isoler quelques instants du bruit et des sollicitations
fermer les yeux quelques minutes et respirer calmement et profondément
Votre corps n’attend pas forcément les vacances ou huit heures de sommeil parfaites, il cherche surtout des petits moments où il comprend enfin qu'il peut relâcher un peu la pression.
Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, dites-vous une chose : vous n’êtes peut-être pas paresseuse, démotivée ou simplement « trop sensible », mais peut-être stressée depuis trop longtemps.
Et si le repos est essentiel, prendre soin de son système nerveux ne se résume pas seulement à dormir davantage ou à partir en vacances. Cela passe aussi par comprendre un peu mieux son fonctionnement, apprendre à ralentir et prendre soin de son cerveau. Car le stress, la concentration, les émotions ou encore la fatigue sont aussi influencés par ce qui se passe dans notre corps et dans notre assiette.
Si ce sujet vous intéresse, j’ai créé un petit ebook gratuit : « Prendre soin de son cerveau »
Un guide simple et accessible qui vous donnera quelques clés pour soutenir au quotidien un système nerveux un peu sur les rotules.
Vous pouvez le télécharger gratuitement ici.
Parce qu’on ne demande pas à un cerveau épuisé d’aller mieux à coups de volonté, on commence déjà par lui donner ce dont il a besoin.
Lectures conseillées pour aller plus loin
MATÉ, Gabor, Quand le corps dit non : le stress qui démolit, les liens entre stress et maladie, Montréal, Éditions de l’Homme, 2019
ANDRÉ, Christophe. Méditer, jour après jour : 25 leçons pour vivre en pleine conscience, Paris, L’Iconoclaste, 2011
VASEY, Christopher, La fatigue chronique : causes, traitements naturels et hygiène de vie, Jouvence, 2015




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