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Ras le bol du développement personnel ?

  • Photo du rédacteur: Mathilde Barailler
    Mathilde Barailler
  • 24 déc. 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 4 mai


On va être honnête, je vous vois déjà lever les yeux au ciel. “Une naturopathe et psychopraticienne qui en a marre du développement personnel ? Sérieusement ?” Eh bien oui, c’est possible. Et même assez courant, en réalité.


Parce que derrière les discours inspirants et les promesses d’évolution constante, il y a aussi une réalité plus nuancée : même les professionnels du bien-être ont leurs limites. Et parfois, le développement personnel ressemble un peu à ces grandes tendances “healthy”, attirant sur le papier, plein de bonnes intentions mais qui peut laisser, au final, une sensation de pression difficile à digérer.


Aujourd’hui, nous sommes bombardés d’injonctions à devenir des versions humaines améliorées. Il faudrait être zen comme un moine tibétain au réveil, faire du sport avant de penser à sa liste de courses, lire un livre inspirant tout en cuisinant sain, gérer ses émotions, et sourire à la personne qui vous a coupé la route ce matin. Rien que ça. Et si vous n’y arrivez pas ?

Félicitations ! Vous êtes un(e) raté(e) en développement personnel selon les standards du moment (j'extrapole un peu bien sûr ! ).


Le développement personnel, comme la nutrition ou les modes vestimentaires, fonctionne par tendances. Et vous ? Vous êtes censé suivre toutes ces modes, tout en travaillant, en gérant votre vie familiale et en restant humain. Impossible ! Et cette impossibilité, mes amis, c’est le carburant de la culpabilité.


Et parlons-en, de cette fameuse notion de « meilleure version de nous-même » je ne sais pas vous, mais moi, ça m’insupporte. Cette idée n’a aucun sens à mon avis. Comment devenir « la meilleure version » de quelque chose que l’on ne connaît même pas vraiment ? Avant de chercher à se transformer en un être idéal, il faudrait déjà savoir qui nous sommes et, surtout, apprendre à accepter ce que nous sommes. On ne devient pas quelqu’un d’autre, on apprend juste à vivre un peu mieux avec soi-même.


Parce qu’en essayant constamment de devenir autre chose, on oublie l’essentiel. Et selon moi, l’essentiel, c’est la santé mentale. C’est trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, respecter son corps, ne pas lui donner des aliments tellement industrialisés et transformés qu’ils n’existent presque plus. C’est aussi prendre l’air, respirer, marcher, rire et réaliser que la vie n’est pas un manuel de perfection à suivre.


Le développement personnel, dans sa version purement prescriptive, nous fait oublier que le bien-être est simple. Il tient dans ces petits gestes que l’on peut faire chaque jour pour se sentir vivant et en accord avec soi-même. Ce n’est pas une course à la perfection, ce n’est pas un concours de qui méditera le plus tôt ou mangera le plus sain. C’est simplement apprendre à écouter son corps, respecter ses limites et faire preuve de bon sens.


Et puis il y a l’individualisme, cette grande toile de fond de notre époque. Dans une société qui nous demande de nous réparer, nous réguler et nous optimiser nous-mêmes, le développement personnel peut parfois ressembler à un diktat : « Résous tes problèmes seul(e), optimise ta vie seul(e), deviens la meilleure version de toi-même seul(e). » Mais se concentrer sur soi ne signifie pas se couper du monde, bien au contraire. Prendre soin de soi permet d’être plus tolérant, plus patient et moins explosif face aux petits tracas de la vie quotidienne. Respirer, relâcher la pression, accueillir ses émotions, c’est un acte individuel qui a des répercussions collectives. Un humain apaisé est un humain bien plus supportable pour les autres.


Prenons un exemple concret : le fameux Miracle Morning. Se lever à 5h30 pour méditer, faire du yoga, écrire son journal, préparer son smoothie, planifier sa journée et sourire à son reflet dans le miroir. Si vous êtes fatigué, c’est une recette pour transformer votre matinée en cauchemar. Le vrai miracle, c’est de dormir, juste dormir ! Et c’est déjà un acte de développement personnel réussi.


Au fond, le message est simple : déculpabilisez. Si aujourd’hui votre définition du bien-être consiste à rester en pyjama, manger un éclair au chocolat et ignorer vos notifications, c’est parfait. Demain, vous méditerez peut-être, courrez peut-être, cuisinerez peut-être. Être bien avec soi-même, ce n’est pas chercher à devenir quelqu’un d’autre. C’est prendre soin de ce que nous avons déjà : notre corps, notre mental et notre capacité à vivre avec les autres.


Le développement personnel n’est ni mauvais ni inutile. Mais il ne doit jamais devenir un diktat, une injonction à la perfection. Le vrai défi, celui qui compte vraiment, c’est de rester humain, de respecter ses limites, de respirer, de prendre soin de soi et, accessoirement, de ne pas exploser dans le métro. Voilà le véritable miracle !

 
 
 

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